29 mai 2006
Depart sur Bali
Ca aussi , c est une grande claque . Pas du meme genre , mais , encore une fois , l Indonesie se ramasse une catastrophe . La terre a tremblee sur Java et on en est a plus de 4000 morts ou disparus . Terrible et accablant pour un pays qui semble maudit des dieux . Que faire pour les aider sinon de participer aux aides financieres mis en place ...
Nous partons demain pour Bali ou nous passerons 2 jours avant de rejoindre une petite ile au SO de Sumatra pour 8 jours . On vous tiens au courant , dans la mesure du possible ... Pas d inquietude , on sera dans la foret et rien ne pourra nous tomber sur la tete a part des noix de cocos ; donc , pas de sieste sous les cocotiers ...
31 mai 2006
Aide au sinistres de Java
Comme on le disait , pas grand chose a faire que de faire un don ...
Voila une adresse d une fondation qui s est developpe suite au tsunami de 2002 . Elle est tres adaptee a la situation , etant donne l experience acquise lors de cette catastrophe . Etant implantee en Indonesie , elle connait les rouages de l administration et , sait eviter les dessous de table qui malheureusement diluent l aide internationale . Le systeme est rode , sous forme de "panier familial" contenant les denrees necessaires d urgence . Eau , pastille purificatrice , casserole et produits de premiere necessite pour une famille , desinfectant et trousse de premier soins . Tout cela est prepare par des benevoles et achemine directement sur place par des moyens appartenant ou mis en oeuvre par la fondation . Pas de fuite possible , pas de barriere . Suite au tsunami , l association s est meme dote d un bateau pour pouvoir atteindre des villages perdus le long de la cote . Voila rapidement . Allez faire un tour sur le site et vous pourrez y faire un don ...
www.idepfoundation.org
A votre bon coeur
Pour notre part , nous partons le 2 juin voir les hommes fleurs , des indonesiens qui vivent dans leur foret sur une ile , de maniere assez primitive a ce qu on sait . On reste la bas 10 jours . Ne vous inquietez pas de ne pas avoir de news , pas d electricite , pas d internet ... Pas de volcans non plus , ni de constructions susceptible de nous tomber sur la tete ; des cases de bambou , des fleches et du curare pour chasser les grosses betes , des racines au dessert ... On leur amene des sacs de riz en cadeau , histoire d accompagner les vers de terre et les scarabes grilles . Peut etre on va essayer de trouver un sac de patates ...Pourquoi les hommes fleurs ??? On essaiera de vous donner la reponse a notre retour . D aucun ont ironise en nous parlant des femmes fruits !!! Il parait que la-bas , on ne peut pas refuser le cadeau du chef du village ... Priez pour nous , le chef est parait il tres genereux !!!!
11 juin 2006
Les Hommes fleurs .... Bientot
13 juin 2006
Les Hommes Fleurs
Coucou , c est nous .... Bon OK , on ne va pas debuter tout de suite par les superlatifs ... On va se retenir un peu ... On a juste eu l impression de faire un reve , eveille ca c est sur , mais , entre les voyages , les trajets et ce qu on a vu , ou plutot ce qui s est offert a nous , tout d un coup , sans prevenir , au detour des innombrables boucles d une riviere remontee en pirogue, on se demande encore si tout cela etait bien vrai ... La sensation d etre dans un autre temps , bien incapable de dire lequel car les references nous manquent , et puis trop d anachronisme pour pouvoir citer une epoque plutot qu une autre . Tout a commence par une journee de voyage en avion pour rejoindre Padang sur l ile de Sumatra . En se posant a Jakarta , tout de suite , apres la fugitive impression laissee par nos 2 jours a Bali , on remarque les femmes voilees dans l aeroport , les coupoles des mosquees apercues a l aterrissage , on est en terres musulmanes. A Bali , c est l influence hindoue qui domine , les odeurs d encens , les petits paniers d offrandes en feuilles de bananiers poses a meme le sol devant chaque maison , magasion , restaurant.En arrivant a Padang , apres un deuxieme vol , c est l effervescence , le bruit , les klaxons et aussi les minibus customises (angkot) avec leurs ailerons et parchocs profiles de formule 1 , toute techno hurlante et vitres fumees ... Ca crane serieux ici dira Paul !
Une courte journee pour trouver les derniers cadeaux , faire les emplettes avant ... avant quoi ?? Une nuit de traversee a bord du Beriloga pour rejoindre l ile de Siberut . On aurait du partir le soir meme mais , panne de moteur... Ca rassure, d autant plus quand on apercoit la bete , dans la pale lueur d un reverbere capricieux, ... Ca doit etre ca qu on appelle un boutre , sur la mer de Conrad . Tout en bois , ventru , perce de pleins de petits hublots en demi lune , bien vetuste , on l entend deja gemir dans la houle...Pas de lezard , on est en premiere !! Une cabine avec 4 couchettes en bois recouvertes d un matelas un peu gras et qq gros cafard qui viendront nous rendre visite pendant la nuit . La mer est plate . La guirlande de lumiere des bateaux qui pechent ce soir nous illumine la mer . Une demi lune a l horizontale nous accompagnera une partie de la nuit avant de s abimer + tard sur l horizon , droit devant . Route a l Ouest
Siberut Muara , le village principal de l ile . On y arrive au petit jour , soleil razant . Un coup de corne , qq bateaux echoues , beaucoup d epave . Sur le ponton , qq mobs sont la avec Falerius qui nous attend. On rejoins Henrikus au village . Le temps d un petit topo sur le programme et l organisation des jours a venir , on lance les courses et les derniers preparatifs . 2 h apres , vers 10h , on remonte la riviere en pirogue , chargee , bachee avec Daddy au moteur , Falerius et Andy le cuistot . Le niveau de l eau est tres bas... On part pour ...On sait qu on s arretera a 4h et demi , le temps de s organiser pour la nuit .
Regulierement , le long des berges , on apercoit des troncs de cocotier tailles en escalier pour descendre a la riviere au dessus de la boue ., des pirogues amarres , et comme des bidons flottant qui s averent etre des sections de de gros cocotiers reliees entre elles par une lianne en rotin . Parfois , on distingue un toit de palmes qui depasse des arbres , et des enfants qui sautent dans l eau . La riviere se resserre , les obstacles se multiplient , troncs en travers , bouquets de bambous casses... Et puis il faut mettre les pieds dans l eau et tirer la pirogue sur les cailloux , de plus en plus souvent ca touche , ca frotte , ca bloque .
On double quand meme d autres pirogues , a la rame , le plus souvent des femmes avec leurs belles pagaies en forme de feuilles , comme au bresil dira Paul . C est vrai qu un parfum d amazonie ( qu on a pas vu ) traine par ici ! On s arrete pour piqueniquer , et c est dans l eau jusqu au cou qu on est le mieux pour manger car les petits ouinouin sont la ... Et puis la pluie s en mele . Une grosse averse . On arrivera pas jusqu a Malagasat ou nous devons aller . On s arretera avant , dans un plus gros village , Madobak , apres 6h de navigation . Falerius nous emmene chez sa cousine Fernanda, une des premiere Uma . Tres vite , les enfants du village sont tous reunis devant la terrasse de la maison sur piloti et nous observent . En fait , ce sont Paul et Max qu ils regardent .
Et puis apparaissent les personnages importants du village , et d un coup , on ne sait plus ou on est , car les hommes medecines , tatoues sur tout le corps de lignes mysterieuses , en ... tenue traditionnelle , les gris-gris , colliers bracelets diademe de perles de partout ,
les cheveux longs tires en arriere , une espece de cigarette roulee dans de la feuille de bananier sechee au coin des levres , et puis derriere , sur le chemin qui traverse le village , un autre qui rentre de la chasse , avec son arc son carquois et sa sagaie , le sac en rotin sur le dos , ... Ca dessoule . On ne sait plus ou on est , si c est du bidon ou bien , mais, franchement , ils ont l air sacrement naturels , nus avec leur ceinture-pagne qui leur rentre dans les fesses !!!
Pas le temps de reflechir , il faut se souvenir de la formule de politesse "ana-i leolita" . Bonjour en Mentawai , car c est leur nom (les hommes fleurs , c est plus charmant et image , mais bon ... ) .
Ici , on parle le Mentawai , completement different de l Indonesien , et d un coin de l ile a l autre , ils peuvent meme ne pas se comprendre !!! Et on se sert la main en la portant au coeur apres , tres civilement . On comprend aussi tres vite pourquoi on est arrive avec une cargaison de cigarettes , car c est la preniere chose qui sort apres le bonjour , un geste tres explicite : t as pas une ptite clop ??Homme femme et enfants , (il n y a pas d age pour commencer) . Nous qui avons arreter , c est le comble d avoir les poches pleines et de distribuer ca avec ...un peu de remords quand meme . Ils fument comme des pompiers , clop sur clop .
Avant la tombee du jour , on sortira de la terrasse , agrandir un peu le cercle , on part faire le tour du village , assister au match de foot qui a lieu sur le terrain , devant la Uma du chef du village et du medecine man . C est un peu impressionant de se sentir observe et de ne pouvoir que difficillement communiquer . Max sort les raquettes de badmington. Je suis arretee en route par un groupe de femmes accroupies sur le chemin . Leurs visages expriment l amusement et la curiosite , se portant surtout sur les enfants . Je comprend que l une d elle me raconte qu elle a accouche par cesarienne .
"Ah ben c est drole , moi aussi !!" et ca part en rigolade . Les sourires decouvrant des dents bien pourries , meme chez les plus jeunes . Les ongles le sont tout autant , fissures , decolles , casses et les pieds , oh les pieds , tout etales , bien large , caleux , du solide ma bonne dame !!!
Le soir , apres un super repas prepare par Andy , qu on partagera avec Fernanda et sa famille , on ira a la fete de fin d annee de l ecole du village qui va voir partir qq eleves vers Siberut Muara , la grande ville d ou nous venons , pour continuer leurs etudes . Et puis il y aura moulte discours des differents personnage importants du village , le responsable de l ecole (il y a quand meme 4 ou 5 classes) , les differents representant du gouvernement , pour encourager les parents a envoyer leurs enfants a l ecole . Tout le village est reuni dans la nouvelle eglise en construction . Les mamans ont amenes des nattes pour y coucher les enfants au fur et a mesure de la soiree . C est un peu long , surtout quand on comprend rien , mais bon ... Finalement , Damien remportera un gateau au encheres au profit de la caisse de l ecole . Il y aura des danses et des chants , comme chez nous , ... une fete de fin d annee !.
Le soir , avant de se coucher , les enfants nous diront qu ils sont content d etre la ; c etait pas gagne car , depuis le debut , il avaient un peu peur de ces hommes fleurs et la , la transition est douce , finalement .
Une bonne nuit , sur nos petits matelas de mousse (merci Jean-Louis) sous nos moustiquaire bien que de moustique , on en voit goutte. Au matin , avant de partir , on passe a l ecole offrir raquettes de Badmington et bonbons aux professeurs . Les enfants sont joyeusement eparpilles sur le terrain avec pour mission de couper l herbe a la ...machette . On a du mal a imaginer ca chez nous .
Il n a pas plu cette nuit , et l eau de la riviere etant tres basse , pour aller plus vite , on allege le bateau deja bien charge de provisions et de nos affaires . Donc on continue a pied pour rejoindre Malagasat . On attaque avec enthousiasme , car on cuit dans cette pirogue en plein soleil et on a mal au c... Le sentier demande sde la concentration , car , malgre la saison seche , le terrain est tres boueux et c est en equilibre sur des troncs coupes que l on doit passer , quand ce n est pas les pieds direct dedans . Parcourt a risque pour Maxou qui perd l equilibre qq fois , mais on echappe au pire , qq egratignures tout au plus !. Apres avoir traverse un autre grand village ,on s arrete pour se raffraichir dans une courbe de la riviere et , c est la qu on croise Teouagoi et sa femme Sicalabai . Falerious nous presente . C est le chef de Malagasat chez qui nous allons rester .
Quasiement nu , il porte son arc et son carquois avec une machette pour lui , un panier en rotin sur le dos et une epuisette pour elle . Ils sont incroyablemenr beaux tout les 2 , d un autre monde .leurs yeux petillent , leur sourire nous accueillent avec chaleur ainsi que leur paroles que Falerius nous traduit . On se sent d un coup , tres tres loin , catapultes dans le temps et l espace ... on ouvre grand les mirettes . Le moment est exceptionnel ...
Leur fille santi est la aussi avec Massi , le fils de 10 ans qui vient a pied tout les jours a l ecole de missionnaire , presqu 1 heure dans la foret . C est sa volonte et il y en a peu qui font cet effort .
Et la , on se retrouve a suivre Teouagoi , dans la foret avec une partie de sa famille . Il nous attend , patiemment , prend des chemins de traverse , on est dans la jungle , les lianes et tout et tout , et toujours la boue , la boue , la boue... On croise une femme assez agee , tatouee elle aussi , les colliers autour du cou , le visage bien burine , avec laquelle il discutera un moment , le temps d une ...ptite clop bien sur ! Et puis encore une pour la route ... On passera devant la Uma de son frere en construction . On arrive finalement chez lui . Une grande Uma, tres grande , tout en bois evidemment , le toit en palme , sur pilotis car tout autour de la maison , il y a les cochons et les poules ... Un grand tronc taille en escalier permet d y acceder . On pose les affaires , on s installe sans trop savoir ou , mais Falerius nous traduit . On est ici chez nous !
La suite ....
Il faut vous imaginer une grande case sur piloti avec un toit 2
pentes en palmes .A l interieur , une grande cuisine avec 2 foyers , et
dans les autres coins , 2 moustiquaires carrees ; et puis une
grande chambre avec encore 2 grandes moustiquaires , a meme le sol et
puis une terrasse couverte .
Au sol des planches de bois sombre ,
brutes , patinees et aussi des lattes de cocotiers . De chaque cote, on
accede a l uma par un troncs d arbre incline , taille en escalier . On
s installe la . On boit un petit the... . C est grand , plutot sombre car les 2 pentes du toits
redescendent tres bas , pratiquement au niveau du plancher . Des nattes
de bambous sont jetees par terre . Le long des 2 cotes de la terrasse ,
des bancs avec les dossiers inclines font parties integrante de la
structure de la case et permettent de s installer confortablement .
On
est la , deballant nos affaires sous le regard de Teou et de sa
femme .Ils ont une expression tellement douce , pleine de curiosite et
meme de malice . Je vois bien que l appareil photo l intrigue . Je m
etais plutot dis que je ne regarderais pas les photos pour preserver
les
piles , mais c est trop dur de resister . Je leur montre un portrait
puis un autre .J ai remarque sur
une des cloisons un polaroid . Je lui explique que je lui enverrais les
photos sur papier , mais ca ne semble pas le preoccuper plus que ca . C
est tres perturbant de se retrouver ici , en fait (!).
Difficile de
savoir a quel point nous les intrigons . Quelle vision nous sommes pour
eux avec tout notre attirail moderne ...On sait que la derniere fois qu
ils ont recu qq , c etait il y a 5 mois , une femme qui faisait un tour
d 1 mois sur l ile de Siberut ... Falerius , lui , n est pas venu
depuis 7 ans ! Entre la tenue
traditionnelle avec le pagne et les bandeaux , bijoux et parures de
chef , l environnement , la situation , on pourrait se croire chez qq
"sauvages "de la jungle et en meme temps , Falerius nous explique que
depuis tres longtemps , les mentawais vivent comme ca , construisent
leur uma avec autant de sophistication, utilisant maintenant qq clous
pour les assemblages de structure , mais pour le reste ,tout est
affaire de rotin , bambou et feuille de sagou . Le Sagou ... Ca
fait plusieurs fois qu on en entend parler du Sagou . En traversant le
dernier gros village , on s est arrete pour comprendre le processus de
la fabrication du Sagou . D abord ,le Sagou, c est un type de Palmier ,
avec un tronc large et de grande palmes .
Ils utilisent tout la-dedans .
C est la source nutritive essentielle et les villages s
installent la ou il y a
du Sagou c est a dire presque partout sur l ile.Du tronc , une fois
coupe , ils en rappent le coeur ,
pietinent les copeaux avec de l eau et laisse decanter le tout apres
passage dans un tami .
La pate recueilli seche dans des grands cylindre
en feuille de ..Sagou . On decoupe ensuite cette pate tres dur en
tranches qu on rappe en poudre , repartie sur des feuillesde Sagou ,
ligottees avec la fibre de Sagou . Toutes ces pochettes surprises sont
ensuite passees au feu de bois . On en sort de longues cordes chaudes
au gout legerement acidulees . Tout le monde se regale , meme le chien
qui machouille en fermant les yeux , aide de ses 2 pattes pour le
depiotage ,ce met de gourmet !!! L apres midi passera tranquillement ,
atelier peinture et carnet de voyage pour moi , avec Agoi et Massi les
enfants de Teou . Et puis j offre les outils qu Henrikus m a conseille
d amener en cadeau : Une scie a bois et une scie a Metaux , ce qui
intrigue beaucoup Teou car il ne voit pas bien pourquoi il irait couper
un clou en deux ???!! C est vrai que c est le seul element metallique
ici avec la lame de sa machette ...! Ca me paraissait un peu etrange en
l achetant , mais bon , on en trouve pas sur l ile , alors , ca fait
plaisir ... Peut etre dans le village , mais ici , dans la foret ...Pas
grave , un jour , ca servira surement . Et Teou nous offre son bon
sourire...On a du mal a realiser , quand meme ...Par moments , on reste
bloques , se demandant si on ne reve pas .Il y a quand meme des trucs bizarres accroches un peu partout ici ...
il y a ici un melange incroyable .Une organisation familiale plutot semblable a la notre ,
mis a part que , le frere aine devient le pere des autres enfants de la
fraterie quand le patriarche meurt .Et en meme temps , on est dans la
foret , loin de tout , meme pas au coeur d un village . Ici , les umas
sont disseminees alentour , le long de la riviere plus ou moins . Les
us et les coutumes , malgre l elegance naturelle de cette famille
magnifique restent tres basiques .
On crache par terre , ou plutot ,
entre les planches , et ils sont tres habiles a ce jeu la !! En pleine
conversation , ils se penchent sur le cote , sachant exactement trouver
la fente ideale correspondant a leur position dans la piece . Ca
surprend un peu ...et puis , quand on avance dans la soiree ,la lumiere
de la lampe a petrole se faisant incertaine ,les invites maitrisant mal
les interstices , on marche par moments dans une flaque un peu
humide , quand ce n est pas la main qu on essuie finalement sur ce qu
on peux (le short ou le sarong !) ...Tout les dechets sont
balances a travers les lattes du sol , evidemment , il y a les
cochons en dessous avec les poules et les canards...Par contre , mari
et femme ne dorment pas ensemble . Pour CA , il y a ce qu on appelle
ici la chicken house , c est a dire , une petite maison dans les
bois , eloignee du village , ou , pendant que le reste de
la famille s occupe des enfants , les parents s occupent ...des petits
poulets !!! Pour arriver jusqu a chez Teou Agoi , on est passe pas loin
d une Chicken house , et effectivement , ca faisait un drole de bruit ,
pas vraiment le cri du poulet , peut etre plus pres du cri du coq...En
tout cas , ca chantait fort !!
Plus
tard dans la journee , on ira se laver dans la riviere , les pieds dans
la boue , une vraie partie de rigolade pour les enfants ...
On y croise les voisins et la famille ...
Andy
prepare le diner qu on partagera avec eux .Le concert de flute qui suit
ne brille pas tant par sa qualite musicale que par l atmosphere
incroyable de cette soiree . C est un bonheur d etre la , tout
simplement et un grand privilege . Les instants s enchainent , les
soins a Perra , la petite fille qu ils ont adopte suite au deces de sa
mere , les tours de magie de Paul et les cours de francais de Max ,
surtout de prononciation et les fous rire qui vont avec (impossible de
dire du RIZ ou une BOUGIE )...On s endort sous nos moustiquaires .
Pendant la pluie , il pleuvra , du lourd ... Demain , ca sera encore
plus boueux !!!


18 juin 2006
encore ....les hommes fleurs.
Et oui , on se dit qu on est pas mal ici (meme si les petits matelas de mousse sont tout fins tout fins ) . Au petit jour , les
bruits de la foret ... Ca commence a remuer la dessous , a grogner , a
fouiner pour voir s' ils n auraient pas oublier une epluchure de sagou
ou bien un reste de riz ...
Et puis les cocq qui s y mettent , les umas
des voisins ont beau etre loin , ca se repond , ca cause ... Au bout d
un moment , on entend Teou qui se leve et va leur jeter un morceau de
tronc de Sagou fendu ...Ca calme ! Ca grogne de contentement , ca se
dispute un peu maintenant Bref , on est reveille en douceur et on se
laisse savourer encore un peu dans la chaleur de nos drap de soie (la
classe quand meme) !!! Petit the , des nouilles sautees avec un oeuf ,
un reste de cordelette de sagou ...C est pas l' tout , faut aller
bosser quand meme .
Les hommes et las femmes se separent . Je pars avec
Santi et Sicalabai , on s enfonce dans la boue jusqu aux chevilles , on
sautille de branche en branche jusqu au champ de tarot , cloture de
bambou et autres pieux habilles d ecorce a cause des cochons . Elles me
montrent le boulot et hop , on entreprend de desherber a la machette
entre les plants de tarots , d enlever les feuilles pourries .
Accroupies au milieu des moucherons et des fourmis qui piquent , le
travail est rude !!! Au passage , en arrachant qq pieds , elles les
divident et en profitent pour replanter de jeunes pousses .Presque deux
heure plus tard , la parcelle est impeccable . On part vers la
riviere nettoyer les racines qu on porte dans nos paniers a dos en
osier . On se rince , toutes habillees et retour ; je suis brisee de
fatigue!!!
Les hommes osnt deja de retour . Ils ont ete fabriquer des
ceinture de Mentawai pour Paul et Max avec des lanieres d aubier de
Baiko . On arrache l ecorce avec une couche de bois , puis on pele
cette ecorce et il reste une laniere de bois qu on va battre avec une
tapette de bois de fer (le genre qui ne flotte pas) .
On obtient ,
apres rincage dans l eau , comme une bande de tissu un peu epais ,
fibreux et au final plutot doux !!! Il vaut mieux , vu la destination
!!!
Max se transforme tres vite en parfait petit Mentawai , plus vrai
que nature . Paul attendra le soir pour s y mettre . Moi je m effondre
dans le Hamac , les bras tout griffes , heureuse .
L
apres midi , il
pleut des trombes d eau (ce qui nous rendra le retour en canoe plus
facile , ca c est sur ).
Le temps s ecoule paisiblement avec des
siestes alternees de lecture et de baignade-douche pendant les
eclaircies . Andy , toujours aux petits soins , nous prepare de
delicieuses frittes au tarot et Tapioca (petite preference pour le
tarot quand meme ) , un regal avec un ptit the , la sophistication ,
toujours !!!
Nouvelle
visiste des voisins qui vont s incruster pour la nuit ...
Pourtant , on
ne tardera pas apres les oeufs a la creme de piment tiede , accompagnes
de riz et de pommes de terre ... C est vrai , on passe notre temps a
bouffer , et les Mentawais aussi . C est pas tout les jours qu ils
mangent du riz , pour ainsi dire jamais en fait . Il y en a partout ,
eparpilles sur la terrasse . Je compte , on est 15 avec les voisins qui
se sont enveloppes dans des sacs de tissus , comme de gros cocons .
Bientot commencent les ronflements et avant les premieres lueurs du
jour , les coq et les cochons....
Ce matin , on ne fait pas la
fete aux boulles de puree de tarot roulees dans la coco rappee , sous
les aisselles , desole , pas notre truc . plutot des petites nouilles
sautees a l oeuf ... Il fait grisouille mais la brume se degage quand
on prend la pirogue pour aller visiter la Jungle school , comme l
appelle Falerius . Qq enfants qui nous ont entendu arriver a pied par
la ... riviere , accourent deja, ils sont en recre .
On se presente au
couple d instit ; ils sont beaux comme des dieux , elle porte son bebe
qui doit avoir 8 ou 10 mois . C est incroyable comme tout se passe
simplement et comme ces visages sont lumineux . 15 ou 20 eleves selons
les jours et ca va de 6 a 16 ans . Apres avoir remis les cahiers et les
crayons de couleurs , Riski nous apporte du the , l institutrice des
gateaux et pendant ce temps , se met en place dans l' excitation, unn
spectacle en notre honneur ,
chansons entonnees de tout leur coeur et
danses traditionnelles dans laquelle ils finissent par entrainer Paul ,
max ayant saute au milieu de tout ca depuis un moment . Puis tout
contents du ballon de foot qu on leur a apporte , ils font une partie
sur le terrain a cote et c est en sueur que tout le monde , nous inclus
, plongeons dans la riviere .
Lieu fabuleux avec des lianes et une rive
escarpe pour grimper faire des concours de plongeon .
La recre est
finie, et on se fait tou petit pour assister a un cour de lecture en
Indonesien . Ils passent un par un au tableau et avec la regle
soulignent ce qu ils lisent (B-A BA) Max ne peut s empecher de souffler
et a la fin , c est leur tour d'aller lire . Toute la classe est assise
par terre . L institutrice allaite son bebe tout en faisant passer un
test au plus avances ...
Une photo de la classe que nous enverrons a
Falerius pour la faire acheminee jusqu ici , et on repart , salue par
les enfants , voir accompagnes jusqu au bateau .

Il etait question d
aller chasser pour rapporter qq gibiers et faire un festin . La pluie
se met a tomber , plus lourde encore qu hier .Apres lecture du Monde ,
Teou s installe dans le
hamac ...Il disparait presque dedans . Son regard exprime comme un
contentement , mele de doutes interrogatifs . On comprendra mieux quand
, au moment du depart , apres lui avoir offert de le laisser accroche
la , chacun l ayant trouve approprie au lieu ,( son fils aine aura meme
passe la nuit dedans ), il nous confiera avec un sourire malicieux qu
il se demande si cette chose ne rendra pas son fils trop paresseux !!!
Apres
un peu de palabre avec Falerius , decision est prise de tuer un cochon
pour faire la fete ce soir . En 2 minutes la bete est attrapee , depuis
la terrasse a l'aide d une gaule en bambou terminee par un collet en
rotin passe dans la pate arriere de l animal appate par un bon morceau
de sagou . Ligotte , couinant comme un ... porc , il restera dans un
coin de l atre , le temps pour Teou , parre de ses attributs de chef et
d homme medecine , d invoquer les esprits , d aller associer la terre
et l univers par qq incantations , enfouissant une poignee de fleurs
dans la boue autour de l Uma .
Et puis , tout va tres vite . Le fils
aine Tairairai , aide de son oncle le saigne alors que Teou prononce
les incantations , parraissant comme accompagnant l animal jusqu a son
dernier souffle . On recoeuille le sang , la vessie est enlevee , l
animal est ouvert , vide puis apres examen des visceres (bon presage ,
au vu du sourire de Teou ) ,
Paul et Max , qui n ont cesse de faire des
allers retours ,curieux mais un peu effrayes de ce qui se passe et de
tout ce qu on trouve a l interieur d un corps , emmeneront la bete a
flamber sur un longue perche , habille en Mentawai , ca va sans dire !
Lave
gratte , decoupee en un temps record a la machette , tout les
morceaux seront mis a cuire avec le sang dans une grosse gamelle . On
en prelevera un peu pour nous , histoire qu Andy nous accomode ca avec
des petits oignons ail et epices ! S en suivra une soiree de gueuleton
, danse traditionelle avec les freres de Teou venus pour l occasion et
toute la famille proche , prevenuepar les enfants messagers .Tous ont
la tete decores de fleurs , les hommes compris . Voila donc l
origine de leur apellation pour ceussent qui ont eu le courage de nous
lire jusqu ici .


Dans la
cuisine , pas moins de 4 foyers de cuisson . Du sagou en veux tu en
voila , du riz pour accompagne tout ca . Chaque famille aura droit a sa
portion de la bete et mangera en famille , par petits cercles avant de
se retrouver tous ensemble autour des tambours , pour regarder
voir participer a la danse . Tres rapidement , max se retrouvera au
milieu des danseurs , a tel point que Teou lui rajoutera qq parure de
chef pour l integrer encore mieux . Les femmes sont ecroulees de rire
... On finira tard , repus et epuises . Tout le monde disparaitra dans
son cocon pour une courte nuit .





On
ne va pas raconter le depart et le retour , juste que tout cela s'est
passe comme un reve , trop vite , avec une simplicite d
enchainement , qu on a rien compris quand on s est retrouve sur le bateau
du retour vers Padang apres une nuit de transition a Muara -Siberut .
Ne parlons pas de l'avion qui nous ramene a Bali via Kuala Lumpur ,
histoire de reprendre 1 mois de Visa pour Bali . Dur dur le transit de
5 heure a l aeroport au milieu du Macdo et des boutiques ... Un reve ,
je vous dis
...
22 juin 2006
Bali en FIN
Et oui , nous voila a Bali , apres toutes ces aventures , l ile ideale pour finir en roue libre ... C est genial , on se marre comme des baleines a lire vos commentaires sur les hommes fleurs et , tout doucement , on commence a realiser qu on va revenir . Ne vous inquietez pas de ne pas avoir trop de nouvelles , peut etre qq photos si on trouve une connection rapide sinon , c est les vacances , plus de pression :-)) , le farniente , on essaye de s ennuyer a ne rien faire , et c est pas facile , croyez nous de decrocher comme ca d une annee a bourlinguer , toujours en partance , a chercher ou , quand comment , (avec qui ,ca au moins on avait la reponse) !!! Voila , le temps ne se laisse pas faire , pas moyen de l etirer ... Comment faut il faire ??? Deborder d activitees diverses et variees ?? Ne rien faire , dormir , manger , faire la sieste et puis casser une petite graine avant de casser une pause encore ?? Autant de questions sans encore de reponse ... On vous tient au courant ... En tout cas , ici , la vie est mystique , les parfums nous entourent de leurs vapeurs d encens et les esprits ne nous quittent pas ... Des offrandes ... Des bains purificateurs ... des temples habites et vivants ... L endroit reve et atteint pour terminer ce voyage ...
On vous embrasse tous
05 juillet 2006
Bali sans commentaires
Alors voila...
Alors voila , c est pas croyable mais les 11 mois ont files et c est une tranche de vie revee et realisee qui se detache du gateau , une tranche unique , douce , epicee qu on va savourer longtemps , avec delices , en en goutant toute la longueur en bouche , toutes les subtils parfum....
Les rencontres qui ouvrent des horizons , les emotions qui explosent a la surface , et surtout cet aprentissage de nous 4 , ce luxe incroyable d avoir eu tout ce temps pour tout partager .
Est ce que nous avons changes ??? Pas vraiment l impression , au fond . Il reste l envie que la vie ne reprenne pas tout a fait comme si rien n etait arrive , sans vraiment savoir comment s y prendre... avec le reve de repartir ... moins longtemps sans doute . Ce ne sont pas les idees qui manquent , entre les endroits qu on a aime (il y en a trop pour les citer et c est un vrai probleme , ca !) les pays qui nous attirent (Argentine , Birmanie , Mali , Inde ). En attendant, comme le dit Antoine , vous serez probablement trop contents , enfoires que vous etes , a :
" L idee de nous retrouver dans les embouteillages et la bonne vieille grisaille d Ile de france , Imaginer les enfants allant à l'école à 8h le matin en hiver, avec des cernes et le nez qui coule, alors qu'il fait nuit, froid et humide. Imaginer Kinou, passé l'euphorie du retour, s'enfoncer lentement dans la dépression dèrrière son telephone . Imaginer votre maison, abandonnée aux dégats des eaux, aux termites et aux champignons mangeurs de bois, transformée en squatt pour toxico et punk à chien.
Et puis il y a toi, Damien, t'imaginer reprendre au bas de l'echelle, comme loader ou assistant video, alors que des plus jeunes, des plus beaux, auront pris ta place au pantheon des chefs-opérateur, regardant avec dégout et pitié ce petit vieux, plié sous le poid des années et des lourds pieds d'electro, radotant ces voyages et sa gloire passée aux stagiaires génés..."
Tout ca , ca donne une furieuse envie de rentrer , non ???
A tres vite , donc



